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Réseaux sociaux spécialistes et marché freelance, le point de vue d'un DSI entrepreneur RSS

Réseaux sociaux spécialistes et marché freelance, le point de vue d'un DSI entrepreneur

Nés de la volonté de se réunir autour de problématiques communes et ciblées , les réseaux sociaux spécialistes comme Freelance Business Club séduisent de plus en plus de professionnels. Pour preuve la création de CIO Club ( Voir ), groupe IT news infos, le réseau des Managers IT fondé par le DSI Yann Jouveneaux. Pour échanger et décider en toute indépendance...
Yann Jouvenaux nous explique sa vision du réseau social et répond sans langue de bois à nos questions sur le marché freelance.

 

 

 

 

CIO Club est le réseau social très privé des direction informatiques française que vous avez crée en mars 2008 sous le nom de DSIclub. Quel en est le principe?


CIO Club est un lieu d'échanges privilégiés des professionnels et décideurs IT. Le réseau nous permet de confronter nos avis autour de témoignages concrets dans notre secteur d'activité, de renforcer nos choix stratégiques et de nous positionner en toute indépendance face aux offres du marché.

 

Vous êtes vous-même DSI EMEA international et faites partie de plusieurs clubs de décideurs. Pourquoi avoir choisi de créer votre propre réseau?


La plupart des réseaux dont je fais partie laissent une grande place aux intervenants de cabinets de conseil ou d'intégrateurs dont le discours est forcément orienté. Je voulais créer un espace permettant aux décideurs IT de partager leurs connaissances en toute indépendance et en toute sécurité, à l’abri de toute pression commerciale, et garantissant l'anonymat de ses membres.

Après le lancement de DSIclub, j'ai contacté plusieurs organes de Presse. Le groupe IT News info (Le Monde Informatique, CIO online, réseaux et Telecoms, distributique...) a été le premier à s'engager sur le respect de la confidentialité des membres et l'absence de publicité. Je gère donc aujourd'hui l'animation de CIO Club et de ses forums, CIO étant en charge de la plateforme technique, de la gestion des abonnements et de la validation des membres.


A qui s'adresse le réseau social CIO Club?


CIO Club s'adresse à tous les décideurs IT, c'est à dire non seulement les DSI mais également toute personne étant amenée à prendre des décisions significatives au sein d’une entreprise utilisatrice de NTIC. Il y a toutefois une grande différence entre le fait de gérer un projet, aussi complexe soit-il, et le fait d'avoir la responsabilité d'une DSI ou d'une équipe, mais je crois que  sur notre plateforme, tout le monde s’y retrouve. Le métier d'IT manager ne s'apprend pas à l'école, il repose essentiellement sur l'expérience et le management. D'où la nécessité d'échanger de façon rapide entre décideurs, de pouvoir s'exprimer sur ses échec ou ses choix technologiques en toute liberté.

CIO Club regroupe aujourd'hui plus de 120 membres, essentiellement issus de grands groupe, et notre équipe gère en ce moment une dizaine de demande d’adhésion tous les jours. Nous n'avons pas encore utilisé pleinement la force de frappe du groupe IT news Info qui nous permettra, une fois tous les processus validés, de connaître une croissance encore plus rapide. Des évènements «réels» seront bientôt organisés dans toute la France et de nouveaux services seront offerts, comme , par exemple, la possibilité d’exposer son profil aux bases de données de nos partenaires recruteurs spécialisés et chasseurs de tête. De même nous avons le projet de créer un « observatoire des DSI » pour mesurer et comprendre les humeurs des DSI, leurs marques préférés, les tendances, etc….

 

Pourquoi ne pas avoir utilisé des plateformes de networking existantes (Viadeo, Linkedin...)?


Je crois beaucoup aux réseaux verticaux pour une utilisation professionnelle. En effet, comme beaucoup de mes collègues, après des années d’utilisation des réseaux sociaux généralistes, force est de constater que le résultat pour un DSI est minime à titre privé et quasi-nulle à titre professionnel. Ainsi, la quasi-totalité des « hubs » sur le management des Systèmes d’information sont animés par…..des vendeurs de services.

Nous y sommes sollicités en permanence par les intégrateurs et submergés d'infos dont la valeur est sans cesse remise en question tant il est simple pour quiconque de se présenter en expert des SI sur les forums. Et puis pour nous, le plus important est le modèle économique de ces structures qui ont fait le choix très clair de se rémunérer en grande partie par les annonceurs. Dans ces conditions, il est finalement logique de se retrouver sur sollicité par ces derniers.

Dans le cas de CIOCLUB France, le modèle est simple. Ce seront à terme les membres qui paieront un participation « pro » minime pour financer la plateforme ce qui garantira la qualité des échanges purement entre décideurs d’entreprises utilisatrices de NTIC et donc sans aucune sollicitation commerciale.


Est-il pertinent pour la communauté freelance de communiquer auprès des décideurs IT?


C’est une question difficile, car cela dépend beaucoup de ce que le freelance en attend. S’il s’agit simplement d’étendre son réseau, pourquoi pas. Par contre, je ne suis pas sûr que la majorité des décideurs avec lesquels je suis en contact soient réellement prêts à travailler directement avec un freelance pour une simple question de gestion de risque et de continuité.

Un freelance seul ne peut garantir la continuité et le support de façon satisfaisante et nous sommes à la merci d’un accident tragique ou d’une indisponibilité quelconque. Il est en général plus rassurant pour une entreprise de passer par une SSII qui dispose de plus de moyens en ce sens, à moins bien sûr que la demande porte spécifiquement sur une compétence unique que seul un freelance détient. Les SSII restent à mon sens les meilleurs clients pour la majorité des freelances.


Selon vous les DSI sont-ils conscients que de nombreux freelance interviennent aujourd'hui sur tous les grands projets IT?


Oui, bien sûr, c’est un fait connu de la grande majorité d’entre nous, et pour ma part je dois dire que j’en suis plutôt heureux..en tout cas lorsque le freelance est compétent ;-)
A haut niveau, cela peut même parfois apporter une solution unique aux nombreuses TPE ou petite PME qui n’ont pas les moyens de se payer une vision interne suffisamment pertinente lorsqu’ils rencontrent des problématiques d’envergure.

 


 

Quel est votre propre regard sur le marché des prestataires indépendants?


Et bien, à mon sens, une grande majorité de ces derniers n’avait pas forcément prévu de faire ce métier mais y ont été forcé après une période de chômage ou bien de difficulté avec leur emploi précédent. Je pense que la crise actuelle et les licenciements massifs contribuent  plus à l’augmentation significative de ce segment que la réelle croissance de la demande des entreprises en ce sens.

Je crois aussi que la France est l’un des plus mauvais pays pour réaliser ce type d’activité de manière vraiment rentable, tant les taxes et impôts divers grèves les revenus des indépendants. Même les nouveaux statuts « magiques » comme l’auto-entreprise, ne représentent pas de bonnes affaires fiscales pour ces derniers, même s’ils ont le mérite de simplifier les démarches.

Mais là encore, il faut bien sûr se garder de faire une généralité et, même en période de crise, il y a des indépendants particulièrement expérimentés et compétents qui tirent exceptionnellement bien leur épingle du jeu, surtout dans les domaines du « cost killing », des « fusions acquisitions » et des « service hebergés ». Pour ces derniers, qui sont malheureusement loin de représenter l’ensemble du marché, je dois dire que je ne me fais aucun soucis au sujet de leur avenir…et de leur compte en banque ;-)


Et sur les DSI indépendants?


Je connait des DSI indépendants de très haut niveau capable de mener de belles missions « coup de poing ». Mais si je comprends bien la démarche d'indépendance, je m'interroge davantage sur le modèle économique et la rentabilité pour le freelance des missions courtes.


Pour mieux comprendre la répartition des rôles entre DSI et services achat, comment vous partagez-vous la responsabilité du choix des partenaires et des ressources stratégiques sur un projet?


Je ne suis pas le mieux placé pour répondre à cette question car j’ai toujours pensé que l’on ne pouvait pas acheter du service IT comme des pièces détachées ou du consommable, en dehors bien sûr de quelques contrats récurrents simples. Je pense que , dans un monde parfait, le DSI (pour la validation technique) et le Directeur des Achats (pour la technique de négociation) devraient travailler de concert pour le meilleur intérêt de l’entreprise et la satisfaction des utilisateurs. Malheureusement, à ce jour, je n’ai jamais pu voir un seul exemple de cette belle image…..mais j’y crois beaucoup et je suis sûr que cela existe ;-)

 

 


Comprenez-vous que certains freelances puissent regretter le manque d'implication des opérationnels projet dans leur processus de recrutement, ce qui rend in fine leurs prestations plus chères?


J’ai souvent eu de longues discussions à ce sujet et je suis tout à fait conscient qu’aux yeux de nombreux freelances « techniques », la  vie serait tellement plus logique et le modèle économique tellement plus viable si les entreprises utilisatrices les contractaient directement…..

Seulement voila,nous, DSI, on ne résonne pas « freelance » ni même « personne qui réalise la prestation », mais on résonne « projet », « continuité » et « gestion à long terme ». Si l’on se penche sur une mission unique, il est clair qu’il y aurait aucune différence à contracter le même consultant en direct pour 30% de moins. Mais si l’on considère le projet à long terme, nous avons besoin d’un interlocuteur contractuel qui peut garantir une solidité financière dans le temps, une continuité de présence et de service, une centralisation de la documentation / connaissance du projet, des ressources complémentaires et multiples pour les évolutions, un support technique permanent, voir même la capacité de contracter un ou plusieurs autres freelances dans le même domaine si nécessaire. Nous sommes clairement prêts à payer plus cher cette sécurité stratégique.

Là encore, le cas des indépendants « consultants de haut niveau » est totalement différent car leurs missions se suffisent généralement à elles mêmes et se concrétisent par un rapport accompagné de recommandations stratégiques. Ce dernier type de freelance, généralement doté d’un réseau déjà très étendu après de nombreuses années en entreprise et / ou en SSII, a souvent moins de mal à trouver sa clientèle directement chez les entreprises.

 

 

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